L’hypersomnie s’inscrit au même titre que la narcolepsie ou encore le somnambulisme dans le vaste spectre des troubles du sommeil. L’hypersomnie englobe différentes formes aux répercussions distinctes sur la qualité de vie des sujets. En effet, 3 formes sont reconnues et leurs prévalences respectives bien que sous-estimée en raison des délais de diagnostic colossaux (compris en 8 et 10 ans) sont très diverses. Alors, si vous suspectez l’atteinte d’un de vos proches ou de vous-même à ce trouble du sommeil, il est primordial d’agir rapidement en raison de la menace que constitue cette pathologie pour votre bien-être physique et mental. On vous en dit plus !
À RETENIR
- L’hypersomnie peut être de nature primaire et secondaire. Chaque catégorie englobe certains troubles du sommeil qui affectent de façon plus ou moins durable votre qualité de vie.
- Le diagnostic de l’hypersomnie primaire comme secondaire est chronophage et incompressible. Il comprend diverses étapes comme un entretien, une batterie d’examens médicaux ou encore une prise de sang.
- Il n’existe pas à proprement parler de traitements contre l’hypersomnie, toutefois des médicaments peuvent s’avérer salutaires pour les sujets en favorisant l’éveil.
Hypersomnie : définition !
L’hypersomnie appartient à la longue liste des troubles du sommeil et se caractérise par une somnolence excessive durant la journée, malgré un sommeil nocturne en apparence suffisant. Ce trouble se manifeste au cours de la journée par des endormissements involontaires et incontrôlés, des difficultés à rester éveillé ou un besoin impérieux de dormir.
Par ailleurs, l’hypersomnie se classe en 2 grandes catégories : primaire et secondaire dépendamment de son origine. L’hypersomnie primaire est généralement plus difficile à diagnostiquer compte tenu du manque d’informations à l’égard des troubles qu’elle occasionne que la médecine dispose. Les arcanes des troubles comme la narcolepsie ou encore l’hypersomnie idiopathique sont donc encore impénétrables même avec les moyens technologiques dont dispose actuellement la science pour faire la lumière sur les causes de ces troubles dont souffrent une part non négligeable de la population.
💡 Le saviez-vous ?
L’hypersomnie idiopathique peut amener certaines personnes à dormir plus de 14 heures par jour, sans pour autant se sentir reposées au réveil.
L’hypersomnie secondaire est quant à elle corrélée à une condition médicale, psychiatrique ou tout simplement un changement brutal dans le mode de vie.
Enfin, ce trouble peut avoir de lourdes répercussions sur la qualité de vie des sujets, en affectant leur concentration, leur mémoire ou encore leur productivité.
Quels sont les symptômes de l’hypersomnie primaire ?
L’hypersomnie primaire correspond à un trouble du sommeil dont l’origine est neurologique, sans pour autant avoir un lien de causalité avec une autre pathologie identifiable. Elle inclut des affections rares comme l’hypersomnie idiopathique, la narcolepsie ou le syndrome de Kleine-Levin.
Les symptômes déclenchés sont variés, allant de la somnolence diurne excessive persistante, des difficultés de réveil, une sensation de sommeil non-réparateur, et parfois des épisodes de sommeil irrépressibles.
Enfin, les personnes atteintes de narcolepsie sont davantage sujettes aux risques de subir des cataplexies (pertes subites du tonus musculaire), des hallucinations hypnagogiques et des paralysies du sommeil.
Quels sont les symptômes de l’hypersomnie secondaire ?
L’hypersomnie secondaire résulte d’une autre condition médicale, psychiatrique ou pharmacologique. Elle est fréquente chez les personnes souffrant du syndrôme d’apnées du sommeil, de dépression, de troubles neurologiques, d’affections métaboliques (hypothyroïdie, insuffisance hépatique). Les individus prenant des médicaments sédatifs sont également plus à risque.
À l’instar de l’hypersomnie primaire, la secondaire se déclare essentiellement par une somnolence diurne excessive mais peut néanmoins être accompagnée de symptômes plus spécifiques comme une désagréable sensation de fatigue dont les sujets ne parviennent pas à éliminer, d’un ralentissement cognitif ou encore de troubles de l’humeur comme une irritabilité accrue.
L’intensité de ces symptômes est généralement proportionnelle à la pathologie sous-jacente et constitue donc d’excellents indicateurs quant à l’état de cette condition déclencheuse.
Enfin, contrairement aux formes primaires, la qualité du sommeil nocturne des personnes atteintes par une forme d’hypersomnie secondaire est dégradée.
Comment diagnostiquer une hypersomnie ?
Le diagnostic d’une hypersomnie, quelle qu’en soit la forme, repose sur une évaluation médicale approfondie. Il commence par une consultation chez un médecin généraliste, qui oriente ensuite vers un spécialiste du sommeil, généralement un neurologue ou un pneumologue formé aux troubles du sommeil.
Ce spécialiste effectue un entretien clinique détaillé, analyse les habitudes de sommeil et les symptômes (durée du sommeil, somnolence diurne, éveils nocturnes, etc.) afin d’écarter les différentes maladies et troubles qui pourraient en être la cause, puis prescrit des examens spécifiques.
Parmi les examens pratiqués sur les personnes suspectées de souffrir d’une forme d’hypersomnie, nous retrouvons la polysomnographie qui consiste à enregistrer l’activité cérébrale sur une nuit et permet de détecter une anomalie pendant le sommeil, en l’occurrence un trouble du sommeil comme la narcolepsie ou encore l’apnée du sommeil.
Par ailleurs, le test de latence d’endormissement multiple, abrégé MSLT, consiste quant à lui à mesurer la capacité d’endormissement d’une personne au cours d’une journée, à l’aide d’une série de sieste contrôlée. Ce test permet d’évaluer les somnolences excessives et de diagnostiquer les troubles du sommeil.
Enfin, des bilans sanguins ou examens complémentaires peuvent être prescrits pour exclure les causes secondaires (thyroïde, carences, infection…).
Existe-t-il des traitements pour lutter contre l’hypersomnie ? Si oui, quels sont-ils ?
Bien qu’aucun traitement spécifique n’existe à ce jour, divers traitements selon les causes et les formes d’hypersomnie sont généralement prescrits par le corps médical pour neutraliser les effets et ainsi permettre aux sujets de retrouver une vie “normale”.
D’abord, le recours à des solutions médicamenteuses est généralement envisagé par les professionnels de santé. Lorsque cette voie est adoptée, 2 médicaments sont généralement prescrits :
- Le modafinil en première intention dans le cadre du traitement des hypersomnies primaires comme la narcolepsie ou l’hypersomnie idiopathique. Il agit sur le système dopaminergique pour favoriser l’éveil sans effet excitant majeur.
- Le méthylphénidate, psychostimulant agissant sur la dopamine et la noradrénaline, utilisé en cas d’échec du modafinil ou dans des formes sévères.
Ensuite, des ajustements dans votre routine de vie peuvent être opérés pour vous prémunir contre une intensification des symptômes. En effet, se coucher et se réveiller à des heures fixes même le week-end, limiter l’exposition aux écrans et la consommation d’aliments riches en sucre, en gras ou reconnus stimulants comme le café permettent de prévenir le dérèglement des cycles de sommeil ou la perturbation de leurs phases constitutives.
Des aménagements du temps de travail professionnels ou scolaires peuvent également être envisagés. N’hésitez pas à vous rapprocher de la direction de votre entreprise ou de l’école de votre enfant pour solliciter la mise en place d’aménagement comme des horaires flexibles.
Enfin, le traitement de la cause sous-jacente (en cas d’hypersomnie secondaire) au moyen de dispositifs médicaux comme la ventilation en pression positive continue pour le syndrôme de l’apnée du sommeil ou encore la prise d'antidépresseur dans le cas d’un trouble de l’humeur.



